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Dramaturgies du geste : faire récit par le corps dans...
N°21 / 2025

Dramaturgies du geste : faire récit par le corps dans le texte de théâtre de 1945 à nos jours

Coordonné par Pénélope DECHAUFOUR, Elise LEMÉNAGER-BERTRAND

Sommaire du numéro

Introduction

Pénélope DECHAUFOUR, Elise LEMÉNAGER-BERTRAND

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Interroger l'humain

Le drame figuratif : quand l’écriture fait émerger des entités mnésiques

Pénélope DECHAUFOUR

Cet article s’intéresse à la présence exponentielle du corps dans le tissu de certains textes dramatiques contemporains qui sont irrigués par des problématiques mémorielles à la croisée de l’intime et du collectif. Il part de l’hypothèse qu’un régime dramaturgique propre pourrait permettre de réfléchir aux modalités esthétiques et aux enjeux de ces textes : le drame figuratif. Inspiré de modèles picturaux qui ont revisité la représentation de l’humain au 21e siècle, notamment sous l’impulsion de la rencontre avec des esthétiques extra-européennes,...

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Les corps "hors-texte" de Peter Handke, Jon Fosse et Howard Barker

Pierre LESQUELEN

Nous nous intéressons dans cet article à trois dramaturges contemporains (Jon Fosse, Peter Handke, Howard Barker) dont les écritures anticipent des corps mystérieux, indéchiffrables. Des corps qui résistent à la tyrannie de la transparence, à l’imaginaire du corps explicable qui envahit notre espace social (celui dont a longuement parlé David Le Breton au début du XXIe siècle). Ces écritures « écrivent » des corps selon le souhait du philosophe Jean-Luc Nancy (souhait qu’il formule dans Corpus), en ceci qu’elles placent toujours le corps...

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Geste de béance ontologique : la “scène des sept hurlements” d’Edward Bond

Elise LEMÉNAGER-BERTRAND

Par l’analyse de la curieuse « scène des sept hurlements » que le dramaturge anglais Edward Bond mobilise dans Le Crime du XXIe siècle et dans Naître, cet article s’intéresse à la conception d’un geste qui ne répond pas à une logique mimétique – c’est-à-dire directement reconnaissable et signifiant –, mais suscite, chez le spectateur, une aporie. En premier lieu, cet article met en avant le caractère énigmatique de ce hurlement répété clôturant Le Crime du XXIe siècle. Il revient ensuite sur la dramaturgie...

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Le geste défaillant de la marionnette

Carole GUIDICELLI

Sous l’influence de Kleist et de Craig, la marionnette est devenue un modèle du corps humain en mouvement, comme en témoignent les esthétiques modernistes du XXe siècle. Pourtant, sur la scène contemporaine, la marionnette représente souvent des corps empêchés, déformés, meurtris ou abîmés ; elle devient alors le support privilégié de l’expression du geste défaillant de l’humain et de sa vulnérabilité physique. C’est précisément pour sa facilité à faillir et à défaillir que la marionnette trouve sa place dans un certain nombre...

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Déjouer la violence

Chuter (avec Marie Dilasser)

Sylvain DIAZ

Que nomme-t-on « geste » dans le texte de théâtre aux XXe et XXIe siècles ? C’est la question à laquelle cet article essaie de répondre à partir de l’étude de deux pièces de Marie Dilasser Décomposition d’un déjeuner anglais (2005) et Me zo gwin ha te zo dour ou Quoi être maintenant ? (2006). D’un texte à l’autre, les personnages sont continuellement sur le point de chuter. Ce geste premier conditionne ainsi une dramaturgie qui entend néanmoins le déjouer pour renouveler radicalement sa représentation....

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Du geste amoureux au geste suicidaire : vertiges des corps juvéniles pubères dans les écritures dramatiques contemporaines

Sandrine LE PORS

Placées au contact d’expérimentations dramaturgiques variées, les présences juvéniles pubères s’accompagnent de gestes récurrents : d’un geste d’intimidation ou de défi, en passant par le geste amoureux ou violent jusqu’au geste suicidaire, notamment. Cet article examine ce que ces gestes – entre dérapages, intensité ou perte – nous informent du drame contemporain, de ses dérèglements et de son regard porté sur les vertiges de ce qu’on appelle aujourd’hui l’adolescence. Abstract Exposed to a range of dramaturgical experimentations, pubescent youthful presences are...

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«J’ai pris mon père sur mes épaules» de Fabrice Melquiot : l’épique du «petit geste»

Iris CARRÉ-DRÉAN

Le titre de la pièce de Fabrice Melquiot J’ai pris mon père sur mes épaules fait référence au geste d’Énée lors de la fuite de Troie, épisode dans lequel celui-ci s’échappe en portant son père Anchise. Dans cette contre-épopée contemporaine, pas de relation privilégiée avec les dieux, pas de fondation de cité, pas de res gestae : l’héroïsme tel que le peint Fabrice Melquiot émane de cet épisode mineur du mythe et de ce « petit geste ». Le peuple réuni autour d’Énée,...

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« Je cherche à chaque fois une langue qui épouse un mouvement »

Philippe MALONE, Cyrielle DODET

Philippe Malone est l’auteur d’une vingtaine de textes théâtraux, il est aussi dramaturge et photographe. Ses textes sont publiés aux éditions Espace 34, aux Solitaires intempestifs, chez Quartett, et chez Théâtrales pour ce qui concerne ses œuvres collectives créées avec le groupe PETROL, composé de Sylvain Levey, Lancelot Hamelin et Michel Simonot. Ses textes ont été lus publiquement, mis en scène et en ondes en France et à l’international, certains étant traduits en allemand, en polonais, en italien et en...

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Les « corps créoles » des dramaturgies caribéennes contemporaines

Axel ARTHÉRON

Dans le théâtre caribéen contemporain, le corps est dépositaire d’un panel très large de significations. Loin des figures tutélaires du panthéon historique qui firent les beaux jours des dramaturgies caribéennes du XXe siècle, les personnages du théâtre contemporain présentent un visage inquiétant. Les pièces du répertoire contemporain sont traversées de personnages erratiques et loqueteux dont les corps portent les stigmates des affres traversés. Cette mise en scène de corps monstrueux, difformes, fracturés, ne constituent qu’un premier niveau de représentation. De manière...

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Corps morts, corps qui meurent, corps soignants : des dramaturgies de la « juste distance »

Pauline BOUCHET

Cet article se propose d’étudier un corpus de textes théâtraux et spectacles français des années 2020 qui mettent en scène la question de la fin de vie et du deuil. Ces textes et spectacles qui scénarisent le milieu médical et familial proposent des formes dramaturgiques variées qui mettent en scène les corps morts, mourants, soignants et soignés. À travers ce double axe d’analyses dramaturgiques et de processus d’écriture, cet article fait émerger différentes notions, dont celle de « juste distance[1]». Il...

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Ces corps mourants-vivants qui métamorphosent nos autopsies

Cyrielle DODET

Cet article se concentre sur des corps mourants-vivants qui se transforment dans leur chute vers la mort comme dans leurs résurrections nombreuses. En abordant trois dramaturgies conçues par Samuel Gallet, Gwendoline Soublin et Philippe Malone, je montre comment les métamorphoses de ces corps créent, grâce à une dynamique poétique, toute une constellation d’images et esquissent de nouveaux récits, qui nous invitent à transformer nos regards. Abstract This article focuses on dying-living bodies that transform in their fall toward death and...

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La langue sait le corps qui ne sait rien

Pauline PICOT

Dans le cadre des nouvelles écritures de la recherche, Pauline Picot, qui est à la fois autrice dramatique et chercheuse (titulaire d’un Doctorat en Études théâtrales) propose de réfléchir à la tension entre corps, mot et geste dans sa propre démarche d’écriture. Au fil de ce texte poétique où la recherche se veut performée, Pauline Picot évoque des textes comme Les Possibles de son corps paru aux éditions Quartett en 2012 ou Votre âme sœur est peut-être dans cette forêt...

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Résister, se réinventer

Le personnage-ourse de Penda Diouf : esthétique de la métamorphose et poétique du marronnage

Kassime KAMAGATE

La grande ourse de Penda Diouf offre une impressionnante dramaturgie de la métamorphose. Elle met en scène des personnages dont la corporéité n’est pas fixe. Elle est, en effet, évolutive. D’une présence humaine, les personnages qui, la plupart du temps, sont en proie à de violentes discriminations, convergent vers un état animal et végétal dans une tentative audacieuse de surmonter le drame qu’ils vivent. Ce polymorphisme rend compte d’une attitude « marronne » face à l’acte dramaturgique lui-même. Il s’agit de déjouer...

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« Suzy Storck » de Magali Mougel : théâtre corporel et « réinvention mythologique »

Thaïs CROS

Cet article propose d'étudier la manière dont Magali Mougel s'empare du corps dans Suzy Storck. Plus qu'un simple outil dramaturgique, ce dernier s'inscrit dans la démarche d'un « geste de réparation symbolique ». À la fois témoin « parlant », catalyseur des oppressions ou encore espace politique où se rencontrent microcosme et macrocosme, le corps revêt plusieurs fonctions dans l'écriture de Magali Mougel et participe à la construction d'un parti pris esthétique et politique. La forme dramatique qu'elle élabore, traversée simultanément par l'épique et...

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Le lexique du corps dans « Médée, poème enragé » : des mots pour « recoudre ses plaies »

Julia WAHL

La pièce de théâtre de Jean-René Lemoine Médée, poème enragé se présente comme une longue prise de parole de Médée, qui revient sur les violences subies par son corps depuis le jour où elle a rencontré Jason. Elle se décrit notamment comme un corps fragmenté, témoignant en cela de la colonisation de son propre regard par celui de ses maîtres, mais aussi des stigmates liés au morcellement de son propre frère qu’elle a elle-même effectué. Pour autant, ce texte ne...

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Les gestes d’Irina

Mayeul VICTOR-PUJEBET

Dans la pièce L’Homosexuel ou La Difficulté de s’exprimer de Copi, Irina, le personnage principal, s’avorte dans la première scène et se coupe la langue dans la dernière. Par ces deux gestes limites, cadrant la pièce, Copi fait de son théâtre un certain exercice de violence. Mais cette violence reste ambigüe. Les deux gestes d’Irina n’ont pas la même valeur selon les significations qu’on leur donne. Et ces significations, Copi les a voulues ouvertes, multiples, contradictoires. Cet article se propose...

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Coordination du numéro

Pénélope DECHAUFOUR

Maître de conférences
Département Théâtre, UFR1
RIRRA 21
Université Paul-Valéry Montpellier

Elise LEMÉNAGER-BERTRAND

Docteur
Institut d'Etudes Théâtrales
IRET
New Sorbonne University, Paris

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