Dérouter la forme commune du livre. Entre narrativité plurisémiotique et variations paralivresques
La narrativité adopte des visages variés et se module selon les contextes discursifs, culturels et sémiotiques où elle se déploie. En littérature, pourtant, elle tend à revêtir des atours plutôt conventionnels et lissés : un texte continu, linéaire, suivant la consécution des pages reliées qui sont meublées uniquement de ce texte. Cette adéquation invisible entre texte (narratif) et livre, le plus souvent canalisée par le genre romanesque, berce nos usages et repères d’auteur·rices et de lecteur·rices. Les études qui s’intéressent à la narrativité romanesque, où cette adéquation s’impose sans trop être questionnée, sont légion.
La sortie hors de cette convention est d’autant plus singulière qu’elle secoue aussi bien les fondements sémiotiques du récit textuel que notre expérience du livre – à la fois dans sa saisie et dans sa manipulation. C’est en regard d’un tel étalon du livre textuel que s’impose une appellation comme « variations paralivresques1 », jeux délibérés avec cette forme convenue qui ouvrent à une sémiosis plurielle et à un rapport matériel renouvelé2. Les possibilités, parfois connexes aux territoires investis par les livres d’artiste3 et les zines4, sont multiples : insertion significative d’éléments iconographiques utilisés sur un mode autre que le régime documentaire ou illustratif (dépassant donc leur unique nature indicielle), recours à la tabularité des contenus dans l’espace de la page, diversification des codes typographiques ; mais aussi bouleversement de la matérialité du livre : changement dans la reliure (comme dans le cas d’un leporello), rotation du sens de consultation du livre, modification du parcours parmi les pages ou hors du livre (par exemple, par l’intégration de QR codes qui encouragent la consultation de compléments numériques – à l’instar de ce que propose Fanie Demeule dans Mukbang [2021] ou Jean-Michel Espitallier avec Centre épique [2020]), insertion d’artefacts mobiles dans le livre, adjonction d’éléments connexes (plateau de jeu5, affiches, cartes, prospectus, etc.).
À titre d’exemples marquants6, on peut penser à plusieurs œuvres de Mark Z. Danielewski dont notamment Only Revolutions, publié en France sous le titre O Révolutions (livre composé tête-bêche) ; Composition nº 1 de Marc Saporta (roman policier dont les pages sont détachées et que l’on bat comme un jeu de cartes avant de les lire) ; The Mezzanine de Nicholson Baker et La vengeance du traducteur de Brice Matthieusent (deux romans se déployant largement au travers de notes de bas de page) ; Apnée d’Antoine Boute et al. (roman collectif illustré et graphiquement anarchique) ; les ouvrages formellement inventifs de l’éditeur Tendance négative7 ; ou encore Illuminae d’Amie Kaufman (roman sous la forme d’une somme de documents à consulter).
De telles actions, qui ne sont pas conformes à la forme conventionnelle du livre, bousculent déjà nos repères lors de la lecture8 ; elles agissent aussi significativement sur la mise en place de la narrativité de l’œuvre – c’est là l’hypothèse que les articles de ce dossier cherchent à valider. Comment interviennent diverses variables matérielles, graphiques, formelles dans l’élaboration du récit, dont le texte n’est seulement qu’une composante d’un ensemble pluriparamétré ? Quelles conséquences cette diversification sémiotique entraine-t-elle sur les manipulations, les interactions et, au final, sur l’engagement des lecteur·rices dans la proposition narrative de l’œuvre ? Comment des échappées hors du texte – voire hors du livre – contribuent-elles autrement à la construction ou à la déroute d’un récit9 ?
Comment, éventuellement, des pratiques appartenant au secteur des arts littéraires10 (c’est-à-dire pouvant entre autres relever de la performance ou de la littérature numérique ou de textualités exposées, parmi une série d’autres modalités) influent-elles sur ce type de configuration ? En quoi ces variations livresques et le régime du composite qu’elles investissent sont-elles le terreau d’une reconsidération de ce que l’on envisage comme une œuvre littéraire narrative ?
Les huit articles rassemblés dans ce dossier abordent ainsi des cas tirés des littératures occidentales modernes et contemporaines qui mettent en jeu des œuvres relativement inclassables – aux ancrages génériques plutôt incertains, troubles –, en explorant leurs façons de raconter dans le livre tout en se jouant de ses codes institués. Ils réfléchissent dès lors aux impacts de ces hapax et de différentes esthétiques de la non-standardisation sur notre conception et notre théorisation du récit, ainsi que sur les modes d’appréhension de celui-ci.
Sylvain David ouvre le bal avec une analyse détaillée de Bijou de banlieue (2022) de l’autrice québécoise Sara Hébert, ouvrage aux consonances autofictionnelles qui s’amuse à parodier le modèle du guide de développement personnel en s’appuyant sur la reprise et le recyclage (dissonants) d’images stéréotypées tirées de revues féminines des années 1960 et 1970. Il montre comment, malgré l'hétérogénéité d'ensemble – due au détournement visuel d'images de provenances très diverses, au caractère fragmentaire de la matière textuelle et à l'imaginaire punk qui la traverse en sous-main –, une unité narrative émerge de la lecture. Celle-ci naît précisément de la rencontre entre deux horizons culturels apparemment éloignés : d'un côté, les pratiques esthétiques et contestataires héritées des années 1960-1970 ; de l'autre, les logiques de circulation, d'assemblage et d'ironie propres à la culture numérique, notamment à travers la pratique du mème. L’œuvre de Hébert formerait ainsi un récit « mèmétique », un livre qui serait augmenté par une pratique culturelle – initialement étrangère à un environnement livresque – au travers de laquelle s’entrefertilisent iconicité, interactivité et traitement ironique.
Un même ancrage ironique, humoristique colore le cas étudié par Gaëlle Debeaux, Databiographie (2019) de l’écrivain belge Charly Delwaert, dans lequel se voient intriquées considérations autobiographiques et schématisations de données personnelles – sur lesquelles s’appuie l’auteur pour développer son propos. Au départ de ce singulier iconotexte articulant narration subjective et visualisations de paramètres existentiels volontiers saugrenus, la chercheuse montre comment Delwaert travaille à « déjou[er] la narrativité classique liée au geste autobiographique, qui implique de se raconter à rebours depuis le commencement de sa vie ». Délinéarisation, fragmentation, plurisémiotisme et mise à distance humoristique forment ainsi les quatre principes-clés d’une proposition littéraire excentrique faisant, d’une part, éclater la configuration usuelle du récit de soi – qui s’y voit foncièrement inquiété – et venant, d’autre part, dérouter la forme initialement attendue pour un livre publié dans une maison d’édition grand public comme Flammarion.
Sophie Marcotte, ensuite, se penche sur une œuvre-monstre, HA ! A Self-Murder Mystery (2003), publiée par le scénariste et réalisateur Gordon Sheppard, qui est tout entière articulée autour de la mort, par suicide, de l’écrivain québécois Hubert Aquin. Marcotte montre comment ce livre difficile à prendre en main – car relevant d’un assemblage d’éléments textuels et iconographiques des plus épars, d’un collage d’archives de natures diverses – forme un roman roman hybride, un « livre-film » au croisement des genres documentaire et policier, qui n’a ce faisant de cesse de brouiller la frontière entre fiction et réalité. En revenant sur la façon dont le sinueux récit confectionné fonctionne à la manière d’un scénario de film, elle en souligne, plus encore, la dimension hypertextuelle qui s’appuie tant sur une logique d’accumulation que sur un système de renvois à d’autres textes, matériaux ou objets médiatiques.
La mobilisation des archives peut également dépasser le rouage fictionnel et policier, tel qu’on l’observe dans HA !, pour devenir un motif fondateur de l’œuvre littéraire – un motif thématique aussi bien que graphique. La lecture proposée par René Audet du récit biographique Nox (2009), d’Anne Carson, met en relief la dynamique tensive entre la facture matérielle et graphique de l’ouvrage (un leporello qui reproduit à l’identique un carnet élaboré par l’autrice) et le dépliage d’une démarche de deuil à la suite de la mort de son frère avec qui elle avait perdu contact depuis des années. La trame textuelle, fragmentée et hétéroclite, négocie l’insuffisance des traces et des contacts à partir d’un dialogue (traductologique) avec une élégie de l’auteur latin Catulle ; la tension (narrative) se déploie à travers la démarche du deuil et le récit de vie de son frère, aussi incomplet qu’insaisissable.
Sensible à une telle dynamique entre texte et manifestations matérielles, Corentin Lahouste aborde, pour sa part, l’œuvre intermédiale d’Adrien van Melle Un voyage (2020), qui se déploie sous une double forme, autant expositionnelle que livresque. Cette dernière, qui emprunte à la fois vers le roman, le journal et le catalogue d’exposition, met en lumière l’approche conceptuelle du travail plastique de l’auteur-artiste français. Lahouste étudie plus précisément la poétique du vide et du déphasage qui s’en dégage et son impact direct sur la narrativité : comment cette poétique anime-t-elle l’œuvre et en influence-t-elle la construction narrative ? L’article explore également la question de l’hybridité médiatique inhérente au projet, oscillant entre livre et exposition. Celle-ci vient amplifier l’articulation des dispositifs autofictionnel, factographique et métaleptique, montrant comment l’acte de création lui-même devient une matière créative marquée par la dissonance.
La posture au cœur de marseille-postcards, de Liliane Giraudon et Jean-Jacques Viton, est en quelque sorte inversée : les deux poètes, qui s’inspirent de cartes postales représentant Marseille pendant l’exposition coloniale de 1906, élaborent en marge de ces illustrations une fausse correspondance amoureuse. D’un parcours créatif complexe, en deux étapes de publication (1983 et 2006), ce dispositif qu’étudie Anne Reverseau se joue des codes (poétiques, épistolaires, artistiques) dans l’établissement d’une œuvre hybride où s’entremêlent diverses voix. Bien que structuré (un peu comme Nox, entre fausses et belles pages), l’objet-livre multiplie les strates énonciatives dont l’hétérogénéité conduit à un sentiment de narrativité issu des personnages, des rapports iconotextuels et du caractère ludique de l’entreprise.
Cette dimension du jeu dans l’écriture fait aussi partie de ce qui intéresse Sébastien Wit, qui consacre son article à l’analyse du roman Consider the Consequences (1930), de Doris Webster et Mary Alden Hopkins, réédité en 2025, qu’il présente comme une œuvre pionnière du livre-jeu interactif, ici essentiellement destinée à un public féminin. Composé d’un récit à choix multiples à partir duquel la lectrice est invitée à choisir le destin des personnages, ce roman délinéarise la narration et interroge la forme canonique du livre, tout en affirmant sa portée féministe. Par cette structure éclatée, Webster et Hopkins remettent en cause la linéarité du temps et du destin féminins. L’étude de Wit suggère un lien entre cette innovation formelle et la tradition des parlor games (jeux de salon) et des Party books (guides pour l’organisation de fêtes et autres évènements mondains), pratiques ludiques féminines très en vogue dans l’entre-deux-guerres. En replaçant Consider the Consequences dans ce contexte socioculturel, Wit invite à une relecture historique et politique d’un roman interactif qui dépasse son simple statut de « proto-livre-jeu ».
S’intéressant à un corpus de deux œuvres issues de contextes culturels distincts, l’article de William Charest-Pépin cible la dynamique interactionnelle et technique produite par ces livres-objets : La Chasse interdite (2024) de Nicolas Lachapelle et The Raw Shark Texts (2007) de Steven Hall. À travers le défilé des images et l’accès mouvant au texte, ces œuvres mobilisent des dispositifs qui impliquent les personnes qui les lisent et les manipulent ; plus encore, cette modalité de composition, matérielle et discursive, jouerait un rôle déterminant dans l’organisation spatiotemporelle des récits qu’elles véhiculent. Cet article invite donc à prendre en compte le double impact de cette matérialité spécifique sur le déroulement du récit (lequel influence le chronotope narratif) et sur les régimes de lecture auxquels elle fait appel, à l’intersection des références culturelles (visuelles, cinématographiques) propres à ces deux œuvres.
Ce dossier s’inscrit dans les travaux du projet « Raconter hors du livre », menés par René Audet, Corentin Lahouste et Sophie Marcotte, projet subventionné par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (2023-2028 ; 435-2023-0427). Nous souhaitons remercier tout particulièrement Christiane Vadnais, coordonnatrice du Laboratoire Ex situ de l’Université Laval, pour le travail de logistique, ainsi que Frédérique Dupuis pour la mise en forme des articles.
Notes
1 Le syntagme s’inscrit dans la nomenclature des « arts littéraires », pratiques littéraires ne recourant pas à la forme conventionnelle du livre. Les variations paralivresques emprunteraient les codes du livre tout en s’en détachant de diverses manières. Voir le projet
« Nommer les arts littéraires », Laboratoire Ex situ, consulté le 26 mars 2026. URL : https://ex-situ.info/projets/nommer-les-arts-litteraires/ L’amont de cette réflexion sur les arts littéraires se situe notamment dans les deux dossiers dirigés par Olivia Rosenthal et Lionel Ruffel (« La littérature exposée », Littérature, n° 160, 2010 et n° 192, 2018) ainsi que dans la réflexion sur la « néolittérature » de Magali Nachtergael – voir le dossier qu’elle a dirigé : « Écritures expérimentales. Écrire, performer, créer à l’ère numérique », Itinéraires, no 2017-3. URL : https://doi.org/10.4000/itineraires.3708.
2 Ces pratiques participent ainsi du tournant décisif (material turn) observé depuis une bonne décennie. Voir Kiene Brillenburg Wurth, « The Material Turn in Comparative Literature : An Introduction », Comparative Literature, vol. 70, n° 3, 2018, p. 247-263. URL : https://www.jstor.org/stable/48672310.
3 Johanna Drucker, Figuring the Word. Essays on Books, Writing and Visual Poetics, New York, Granary Books, 1998.
4 Voir notamment la thèse d’Izabeau Legendre, Margins in Motion : Towards a Political History of Zine Culture, thèse de doctorat, Belfast, Queen’s University, 2023.
5 Boris Solinski, « À la marge de la lecture et du ludique : les livres-jeux », Sciences du jeu, n° 7, 2017. URL : https://doi.org/10.4000/sdj.777.
6 Voir aussi les exemples étudiés dans les articles du dossier « Textures : l’objet livre du papier au numérique », dirigé par Anne Chassagnol et Gwen Le Cor, Sens public, 2021, consulté le 26 mars 2026. URL : https://sens-public.org/dossiers/1486/, ainsi que dans le dossier « Blessures du livre. Écrivains et plasticiens à contremploi », textimage, nº 11, automne 2019. URL : https://www.revue-textimage.com/sommaire/sommaire_17blessures.html.
7 Voir https://www.tendancenegative.org. L'éditeur Tendance négative se distingue par une conception expérimentale du livre, qui passe par des formes fragmentaires, par le montage de matériaux hétérogènes, par une attention particulière accordée au dispositif typographique et par une volonté de faire de l'objet éditorial lui-même un geste critique.
8 Anne-Isabelle François relève avec justesse la lecture comme actualisation impliquée par de tels objets-livres. Anne-Isabelle François, « L’objet-livre et le lieu de l’œuvre : stratégies créatives et pratiques de lecture », dans Nouveaux mondes, nouveaux romans ? Actes du Congrès de la Société française de littérature générale et comparée, actes édités par Louise Dehondt, Anne Duprat, Irène Gayraud, Catherine Grall et Christian Michel, Amiens, CERCLL – UPJV, 2015, p. 156-169. URL : https://sflgc.org/acte/anne-isabelle-francois-lobjet-livre-et-le-lieu-de-loeuvre-strategies-creatives-et-pratiques-de-lecture/
9 L’incidence de la diffraction textuelle et narrative semble démultipliée par les dispositifs livresques hétérodoxes. Sur cette notion, voir la contribution de René Audet, « Ne pas raconter que pour la forme : sur la diffraction dans les fictions narratives », dans Robert Dion & Andrée Mercier (dir.), La Construction du contemporain. Discours et pratiques du narratif au Québec et en France depuis 1980, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, coll. « Espace littéraire », 2019, p. 201-237. URL : https://doi.org/10.5281/zenodo.3258374.
10 Voir notamment, pour plus de détails : Corentin Lahouste et René Audet, « S’affranchir du rapport médusant de l’idée d’œuvre littéraire : balises critiques sur la performativité et la réception des arts littéraires », RELIEF, revue électronique de littérature française, vol. 17, n° 1, « Essais / Varia », 2023, p. 183-194. URL : https://revue-relief.org/article/view/17717.
Auteurs
René Audet est professeur titulaire à l’Université Laval (Québec) et il est spécialiste de littérature contemporaine et de culture numérique. Il s’intéresse aux formes actuelles de la narrativité, à la transformation numérique du monde éditorial et aux littératures numériques. Il dirige le Laboratoire Ex situ et l’éditeur savant numérique Codicille. Il a récemment codirigé (avec Mélodie Simard-Houde et William Charest-Pépin) l'ouvrage collectif Tenir un blogue au Québec. Pratiques d’écriture Web et configurations sociolittéraires ; paraîtra bientôt la monographie numérique à six mains (avec Mélodie Simard-Houde et Alicia Chabot) Les œuvres du premier Web au Québec. Une étude des pratiques littéraires amateurs.
Corentin Lahouste, chargé de recherches du FNRS (Belgique), évolue actuellement entre l’UCLouvain et le Musée royal de Mariemont. Ses travaux portent sur le champ des arts littéraires et différentes textualités hétérodoxes propres à la littérature contemporaine de langue française. Ayant ainsi trait à la question de la diversification médiatique de l’acte de création littéraire, ils touchent aussi aux liens entre littérature et politique. Outre le livre tiré de sa thèse de doctorat, Écritures du déchainement. Esthétique anarchique chez Marcel Moreau, Yannick Haenel et Philippe De Jonckheere (Classiques Garnier, 2021), il est également co-auteur de Murs d’images d’écrivains. Dispositifs et gestes iconographiques (XIX-XXIe s.), paru aux Presses universitaires de Louvain en 2023.
Sophie Marcotte est professeure titulaire au Département d’études françaises de l’Université Concordia, où elle enseigne la littérature québécoise depuis 2003. Elle est cochercheuse au sein du projet Raconter hors du livre (subvention du CRSH, 2023-2028) consacré aux arts littéraires. Elle a participé activement aux travaux de FIGURA - Centre de recherche sur les théories et les pratiques de l’imaginaire de 2009 à 2024, ainsi qu’aux travaux du partenariat Littérature québécoise mobile, de 2016 à 2025. Spécialiste de l’œuvre de Gabrielle Roy, plus particulièrement de son volet intimiste, elle a fait publier des éditions critiques de manuscrits de Roy, ainsi que plusieurs dizaines d’articles sur ses écrits dans des revues universitaires et culturelles. Ses projets de la dernière décennie portent surtout sur les représentations du numérique dans le roman contemporain. Parmi ses récentes publications, notons les collectifs Imaginaires de la traduction. L’apport de Sherry Simon et Judith Woodsworth (PUM, 2025) et Archiver le présent. Imaginaire de l'exhaustivité (codirigé avec Bertrand Gervais ; PUL, 2023).